02/05/2006

S'EMPIFFRER à St GERMAIN des PRES (1)

St Germain des Prés et des nappes ( 1)

S'empiffrer à St Germain des Prés

 

Le Rond-point

2, carrefour de la Croix rouge

Un express en vitesse

La grande épicerie du Bon  marché

22, rue de Sèvres

Comestimables hélas inestimable

La Maison du Chocolat

19, rue de Sèvres

Show cacao

Poilâne

8, rue du Cherche midi

Un pain dans la gueule

 

Pierre Hermé

72, rue Bonaparte

La messe d’Hermé

et les mémés d’Hermès

Café du métro

67, rue de Rennes

Un rade

Cosi

54, rue de Seine

Fait son beurre avec son pain et des sandwichs avec

Chez Bartolo

7, rue des Canettes

Un rital de la planète douce

Restaurant des beaux-arts

80, rue Mazarine

Bistroterie confondante mais cuisine plutôt fondante

Lipp

151, Bd St Germain

Conversation entre saucisses du même monde

 

Le Lutécia

Rue de rennes

Coup de bar d’hôtel

Le comptoir du relais

9, Carrefour de l’Odéon

Il faut bien en convenir, une de meilleures tables de Paris

La Palette

43, rue de Seine

L’apéro haut

 

 

 

 

 

            Coluche, un humoriste de la fin du XXème, remarquait que « La célébrité, c’est comme le parfum. Un peu, c’est bien, mais faut pas tomber dans le bocal » Pour le paraphraser, on dira que la nostalgie, c’est comme le parfum.

            Je n’ai pas connu le Saint Germain des prés de Vian, Jean Paul S. et la « Rose rouge », ni la construction de l’église « Saint Germain des prés », enculé, mais j’ai connu le germanopratin, c’est le blaze des indigènes,  de la rue Saint Benoît, du Bistingo, de Jean Bouquin encore chifftir de Bardot à l’époque, et bien sûr, l’éclosion de la pléthore de bouclards de fringues et de groles.

J’aime bien « magasiner » comme on dit puis à Montréal.

J’adore traîner les boutiques pour « habiller » les femmes ( homme à la rigueur, mais faut qu’il ait la grâce ) Je fais ça très bien et roder jusqu’à épuisement des partis en présence à la recherche de « LA » paire de pompes qui va le faire m’amuse. Evidemment, ça ravit les filles et sidère la nuée de vendeuses que tu croises au passage puisque  je n’ai par ailleurs pas l’air de la tarlouze de service.

Pour causer de choses moins légères que caloriques, donc Saint Germain des prés et des nappes de pique nique. Je m’en vais te narrer quelques points de chute tolérables voir euf-euf, en cas de crocs intempestifs si tu viens à patrouiller dans le secteur.

Bon, t’es le matin, t’as idée de café

Si tu veux te la jouer tokyoïte qui débarque, vas-y pour les indissociables « Flore » ou « Deux Magots » dont je te donnerai même pas l’adresse. Tu feras comme pour la Kaaba à la Mecque : tu demanderas à un pèlerin. Certains préfèrent celui-ci, d’autres, comme moi, le Flore. Désuet astiqué de charme, personnel presque aimable. Le croissant est fréquentable mais te précipite pas, y’a mieux pour se colmater, beaucoup mieux. Evidemment, Chonchon qu’un vieux fond de pégrillote du haut Jura pousse à une radinerie dorlotée te dirait : C’est pas cadeau ! « L’express » va chercher dans les 4 Euros pour situer, mais avec un peu de pot, t’auras une tronche connue qui sirote. Ca n’a pas de prix. L’été en terrasse, je dis pour les garçons à l’affût, c’est douillet et y’a de la meuf, même si je recommande plutôt l’heure du goûter pour ce genre de sport.

Personnellement à l’heure de l’ami Ricoré, c’est plutôt vers le minuscule « Rond point » que se porte mes pas et le bonhomme au-dessus. Me demande pas pourquoi, c’est une si vieille habitude que je ne sais plus exactement. Le rade est jusqu’aux prochains travaux dans un style « Frimouille des années 80 » si ça existe … Euh … Fausse loupe de bois, disons … Le moche a ceci de rassurant qu’il rassure. C’est bondé, fadé de gonzesses des paquets plein les bras comme Giorgio le fils maudit, et surtout le café y est excellent. Evidemment, aujourd’hui, c’est le cas presque partout, mais il y a 20 piges, tu n’imagines pas le nombre de rades ou on servait un jus qu’on hésiterait à te présenter aujourd’hui à Kansas city.

Bon, t’as bu ton caf’. Ca va mieux ?  On roule.

Tu cavales les rues et boutiques. Saint Germain n’est pas hanté par l’idée de manger

( Imagine les grenouilles essayant un fute ! ), mais tu peux te hasarder un instant à « La grande épicerie », pour l’épicerie du monde justement, qui offre un choix roboratif de machins d’une autre planète ( Du chocolat au poivre rose, à l’anis, des japoniaisieries rigolotes, des ritaleries savoureuses, etc. ) à prix « Régime » Entend par-là que quand t’as maté l’étiquette, t’as plus faim. (8 euros un pot de rien ! ) Des gens bien élevés et pas morts de faim essayent de s’y stimuler les papilles entre deux Spa ( Contraction de « Ce n’est pas à la portée des triglycérides de prolo, s’pas ?

      Passons devant « La maison du chocolat » ( il existe d’autres points de vente )  Une chiée gatelarière ( de « gatelard » c’est du gâteau )  et d’innombrables spécialités au devine quoi ? Eclairs, mille feuilles, macaron et rebelote ( noir, au lait etc. )  C’est très beau, très bon, très chic, assez cher, mais bon, pour 30/40 euros, tu peux te rendre malades toi et ta dame, à condition de priver les enfants mais faut quand même leur faire des coquillettes ou tu vas avoir des ennuis avec la madame de l’assistante sociale rapport aux allocs.

Rue de Cherche Midi, une boulangerie mythique. Ca existe. Le boulanger a en effet réussi la performance de se tuer en hélicoptère, ce qui à une autre tronche que de s’asphyxier avec une boulette de mie, pour situer. Sans chercher les blattes dans la farine, il était un peu d’extrême droite aussi, mais passons : L’hélico a coupé court aux mauvaises fréquentations. Si tu n’as jamais entendu parler de Poilâne, t’es Hittite ou du neuf trois. Avec son allure de tarlouze à rubans, pépère a réveillé il y a lurette le pain français. On vient ici pour les meules de son célèbre pain « Poilâne » que l’on trouvait à nombre de tables illustres naguère. C’est un peu passé de mode depuis que d’autres mitrons classieux se sont engouffrés dans le fournil. Chonchon adore néanmoins ses grosses meules ( Je parle du pain, là. T’as vraiment ça dans le sang, hein ! ? C’est pas possible ! ) de miche grise, à la célèbre acidité et cette croûte craquante admirablement brûlée et rustiquement farinée. Elle n’est pas la seule. Ari Onassis en raffolait aussi, dit-on.  Tu ne sais pas qui est Onassis ? Je m’en doutais : Tu n’es pas milliardaire. Dégage.

Ok. On est entre nous ? La visite continue.

Note, t’aurais tord de te casser juste avec ton bout de pain. La maison s’honore de gâteaux de boulange ( Et non de pâtisserie ) à ne pas mettre entre les mains de toutes les grosses. Tâte du chausson ou du « grillé » aux pommes et on recause.

Impossible de faire tes courses dans le coin sans draguer Pierre Hermé ( plusieurs points de vente aussi ) ou il te sera d’ailleurs impossible de rentrer si tu as choisi le mauvais jour ou la mauvaise heure. Quand il ne s’associe pas avec JL Delarue pour le pire, ce gros plein de talent révolutionne un peu la tranche de cake. Comme les barons du cartel, en voilà un qui a fait fortune en reniflant des lignes de sucre en poudre, mais aucun rapport avec Delarue, je vous en prie. On a tout dit de ses « Collections de gâteaux » deux fois l’an qui font éjaculer les Japonais dans leur kitchenette. La boutique est minuscule et traitée comme une joaillerie : laque noire, vitrines minuscules et pâtisserie hautement mise en scène. Passé l’extraordinaire invention de saveurs ( chocolat et grains de gros sel ), de couleurs ( l’Ispahan ) et de formes ( Le premier il a imaginé des gâteaux dans des verres, en forme de sucette et mille autres étourdissants bidules), je ne suis pas dingue, dingue de cet extrême raffinement. Très sucrés, limite « Ecoeurants » quelquefois, j’aurais tendance à préférer ici les viennoiseries impeccablement réalisées. J’ai horreur des pauvres, c’est entendu, mais j’aime leurs gâteaux : les gros machins bourratifs : Quatre quarts, financiers, moelleux, madeleines etc. Tu vois le genre ? Ceci explique cela. Envoie-moi aux pelotes et ne te prive surtout pas

 

 

 

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S'EMPIFFRER à SAINT GERMAIN des PRES

ST Germain des prés et des nappes ( Suite 2 )

S'empiffrer à Saint Germain des Prés

 

( Suite ) par ma faute d’un assortiment de gâteaux comme tu n’en as jamais mangé. Je vais t’épargner le couplet « Qualité/Prix », c’est toi qui vois ( 4/7 Euros pièce quand même. Ce ne sont pas des « Petits écoliers » non plus ) Ajoutons que certains gâteaux sont plutôt confortables et que le jeu consiste ensuite à les partager sans (trop) les ruiner avant usage ( ils sont fragiles ) pour goûter à tout.

Bon. T’as rempli ton caddie et te voilà à l’heure de la croque. Va te falloir tenir compte d’un paramètre régional : il y a plus de monde dans le secteur que sur le versant Est des Grandes Jorasses. Tu peux attendre ?

Non ? T’as trop faim ?

Bon. On va se démerder.

Tu traces et ne veux pas te ruiner, va au « Café du métro » dit un proverbe hottentot.

Je t’ai raconté le « Rond point » ? Même motif, même punition. 300 mètres à vol de scooter. C’est bof, oubliable, propre et sympa. Personnel à la défonce mais jovial : Des salades 400 calories montre en main, des Hot-dogs plus masculins, le plat du jour qui en vaut un autre, bondé, archi-bondé, pro, sympa. J’aime déjeuner dans ces rades sans problèmes. Note que t’en as 200 autres qui font l’affaire autour. Bon, moi, c’est celui-là.

            J’ai pas organisé le safari pour me taper des Kebabs kif qu’à Ponto Combo ! Un sandwich plus coquin, alors ? Une vieille adresse. C’est Cosi (Fan Tutti) qu’il te faut ( Le taulier est fondu de Mozart. C’était un  musicien, mais il est mort ) C’est minuscule avec un étage gentiment lugubre, mais ils font ( oui, ils FONT ) un pain à mourir dans lequel il enfourne des bonnes choses à leur idée ou à ton choix, dans le même esprit que Linas, si tu veux, mais bidouillé « Maison », plus bricolo en un mot. Quand je suis avec un pote on y va « En garçon » pour un casse-dalle de voyou et je nous ai vu quelquefois déchirer DEUX sandwichs, trop bon, mais c’est la limite avant la gerbe.

            Un rital fréquentable maintenant.

            Une enclume perdue dans la nuit des temps. « Chez Bartolo » qui se prétend encore vaguement « Pizza napolitaine » mais est devenu au fil du parmigianno autre chose. C’est un des rares endroits de Paris qui ressemble ( un peu ) non pas au « trattoria » archi galvaudées, lâche-moi avec ça, mais à ces restos italiens modestes, sans décor, ou des serveuses en tablier t’alignent des assiettes de pasta bon enfant au gré des appétits immémoriaux des familles. Nuance. C’est aussi attendrissant ici que là-bas, et les très anciens et souvent friqués habitués du quartier s’attablent ici sans chichi, entre gens polis. Le personnel, mais peut-on encore parler de « personnel » est jovial, actif mais pas débordé, très gentil, et tu sais que ça compte pour moi. La bouffe te donne l’impression d’avoir une grand-mère italienne, qu’est-ce que tu veux que je te bonisse de plus ? c’est très bon, quelquefois inégal mais du genre qui ne t’incite pas à la rancune. Des pâtes, bien sûr, des pizzas, quand même, quelques plats de viande et de poisson  qui ne se sentent pas obligés de te jouer « Retour du sud » à guichet fermé mais la cuisine reposante, sans baratin. C’est cool. Les prix hélas, en ont pris un coup dans les gressins depuis Berlusconi. 15 euros un plat ( nourrissant ) et si tu t’écartes, t’as vite fait de te retrouver à 60/80 à deux pour une graine de midi. Je sais, c’est un peu trop, mais que veux-tu, le plaisir à un prix, me disait encore récemment Shigula en rangeant ses instruments.

            Un rital pas fréquentable

            Le café Armani dans la boutique du même nom. C’est bien meilleur que l’on est censé s’y attendre. En conséquence, les portions bien plus petites qu’on aurait pu l’espérer. Le décor n’est pas naze. Disons que nous sommes chez Gorgio, le fils, mais alors,  pas du tout maudit de la mama. T’as dû entendre causé du zèbre jusqu’en Hittitie. La clientèle chicosse de petites gueules farinées comme j’aime pas, je te dis que ça. C’est « famous », very faymousse et chiant, very chiant, heu, là ...

            A côté « Lipp »

Là, si t’en as pas entendu parlé, c’est que t’es une carcasse de bœuf et que t’as pas été décongelé. Mon chonchon A-dore ! Elle est craque des brasseries. C’est son côté petzouille, d’ailleurs, elle a pas d’autres côtés. C’est pour ça que je l’aime. A la mode ? Plus à la mode ? Dire que Lipp s’en branle... Tout ce qui est existe est passé par Lipp. Les politiques, les stars, les vrais et fausses gloires, même toi ! … Tu t’en fous ? Pas moi. Au grand Canyon, tu payes pour regarder le canyon. Chez Lipp, tu payes pour regarder l’ambiance plutôt que les clients ( Ca, se serait démodé ) Naguère l’enfer était de monter à l’étage. Maintenant que tout barre en vrille, chacun fait ce qui lui plaît, plait plaît... les brasseries sont devenues hors de prix et c’est lamentable. Ca tue l’esprit même du lieu. Ici, ce sont hélas des prix de brasserie d’aujourd’hui pour heureusement une cuisine de brasserie de toujours. Les harengs, la choucroute, l’aile ou la cuisse de poulet avec des frites un peu sèches et du vin en carafe qui ne troue pas le cul mais la nappe non plus. A midi, en déjeunant d’un plat, d’un verre de pif, d’un café et d’une oreille ( Les conversations vrombissent toujours de films, de pièces, de motions de censure, d’affaire, de vantardises, de faux bruits … Sauf si tu es assez con pour ne pas prêter tes étiquettes ), tu t’en tireras pour 50 Euros à deux avec l’impression d’avoir raté quelque chose, mais il faudra revenir. Lipp s’apprend. Un esprit léger qui appartient à qui ne le cherche pas.

            Te v’la requinqué ? En piste.

            Un jour, mais pas celui-là, crétin : fais pas TOUT en même temps. Apprend à savourer. Un jour t’iras prendre le thé ou une bière si t’es hooligan dans le grand et magnifique salon « Art déco » ou au bar « fumoir » du « Lutécia » C’est un truc archi éculé ( j’ai dit « éculé » ça  suffit, maintenant ) Les palaces ( le Lutécia joue plutôt dans la catégorie « Grand Hôtel », moins folingue ) sont des refuges, des réserves pour un peu d’or massif et beaucoup de plaqués, vrais et faux happy fiou, qui rechignent à partager l’oxyde de carbone  avec le vulgaire. Les mœurs, le décorum, les cliquetis feutrés, le personnel et les prix y impressionnent le pauvre qui rechigne à y aventurer des « Nike » qu’il soupçonne à juste titre d’une autre gomme que celle habituée à s’y user aux moquettes trop épaisses. Il a peur, le petit bonhomme,  de ne pas avoir les codes, de s’empêtrer les semelles dans la complexité des salamalecs. En réalité, il se prive par convention d’un service confondant de gentillesse et d’un décor vraiment classieux. Bien sûr, la suite « royal » et même le resto restent hors de portée des comptes épargne « Ecureuil », mais au tarif scandaleux, je te l’accorde, d’une bière à 8 euros en revanche, tu peux, l’espace d’un moment, jouer au riche pour de rire et empoisonné pendant un bail tes collègues de chantier en racontant par le menu la façon dont « Tu devineras jamais qui » boit son café comme toi et moi, parole d’homme !

Et arrête de me raconter que t’en as rien à secouer : D’accord ?

            Il est quinze heure. On plante le crétin somnolant déjà plein à ras bord. Toi, mon préféré, t’as su te préserver l’appétit jusqu’à la dalle ultime et te voilà encore creux comme une analyse du « Nouvel Obs », je t’emmène pour une fête, une vraie. Rouleur de mauvais cholestérol comme tu me devines, je ne résiste pas au plaisir de t’indiquer que je suis des (trop) gros malins qui se régalaient il y a beau temps d’Yves Candeborde dans le XIVème. Le voila donc au « Comptoir du Relais », carrefour de l’Odéon, « The big shot » de la saison dont Paris bruisse bien au-delà des boustifailleurs frénétiques.

            On a dit TOUT du meilleur de ce mec-là, et sur ta vie, c’est vrai. C’est « Trop bon » pas cher, fondant. C’est la madeleine sans supplément de Proust. Tout ce que je puis y ajouter, c’est ma combine car j’en ai une que je m’en vais te livrer. Laisse, je passerai voir ta femme quand tu seras pas là.

            Avec quasiment un « papier » dithyrambique par semaine, dire que la taule est pris d’assaut aux heures des repas est un … ? « Euphémisme » Bravo, mon Toto ! Chuuuut … Ecoute …

            Tu te pointes en furtif vers 15, voir 16 heure ( Tu t’en fous tu feras l’impasse ce soir )  pendant que les gens responsables s’occupent à des conneries. Tu n’attends pas. T’as la salle presque à toi avec en prime quelques couples légers et des baffreurs au long cours du même frigo que les racailles comme nous. Le coup de feu est passé et le personnel comme le chef se lâche un peu. Bien sûr, des fois, il manque un plat du jour ou deux. N’importe.

            Ce jour-là, par exemple, il y avait un « lièvre à la royale » dont je me suis fait servir directos une assiette de compote noire, luisante de l’odeur du bonheur. Tu vois comment ça sent, le bonheur ? Ca sentait comme ça. Ca méritait un verre d’Hermitage cuivré de terre rouge avec du pain craquant et la conversation charmante d’un couple de jeunes anglais qui, God sait pourquoi, m’avait entreprit sur je ne sais quelle entourloupe de l’Albatros argenté ou d’un autre connard de sa corpo. Tu sais comment ça fait quand tu manges et que le temps s’arrête ? Ben, ça faisait pareil. Un quarteron de journalistes plutôt dégourdis déconnait en s’empiffrant pas loin et nous échangeâmes des civilités sur la prodigieuse assiette. Comme une envie d’être aimable, d’un coup, tu crois ? Candeborde soufflait à son comptoir. Je me suis gentiment achevé avec un baba en verrine un peu casse-plaisir, cette manie de me mettre la bouffe en bocal comme un fœtus malvenu, mais bon, j’étais trop bien. Une trentaine d’Euros, le tarif d’une pizzeria de fossoyeurs de marguerites pour une petite heure de chouette.

            Ca reste entre nous. Tu jures ? JURE

            Bon.

            L’apéro se prend chez Jean François quand on est civilisé et plutôt aux tiédeurs, lorsque Paris se dérouille les courbatures accumulées pendant un si long hiver. Nous voilà à la « Palette » avec sa grande terrasse envahie sitôt qu’on a fini de se les geler. Jean François connaît son monde. Nous sommes Saint Germain côté cour. Le touriste gracieux seul à droit de citer. Les galeristes s’y rincent entre eux quand le pigeon se fait rare.  Des studieuses tapotent leur e-machin et quelques-unes ont fini par tapoter le mien du temps ou il était en service public. A force d’y siroter à la fraîche, on finit quelquefois par ramper jusqu’à l’autre bout de la rue Jacques Callot, au Mazarin ou l’on peut se colmater décemment d’une cuisine bistrot/brasserie pas déshonorante et en terrasse presque de cambrousse, s’il vous plaît.

            Au fait, pense à te munir d’une cravate que tu pourras nouer si tu vois encore assez clair avant de te tirer de la Palette. C’est bien suffisant pour te taper une coupette et un assortiment de canapés si tu croises au hasard un vernissage dans une des innombrables galeries du secteur. Une tenue qui le fait et l’air d’un client éclairé est tout ce que l’on exigera de toi pour te désaltérer à l’œil ici.

            Si la force est encore avec toi, bravo, tu tiens ton litre. Tu peux pousser en confiance jusqu’au restaurant des beaux-arts. C’est confondant d’un « naturalisme bistrotier » con à pleurer, les nappes à carreaux rouge et blanc, la peinture deux tons, les « boiseries » etc. et évidemment envahi d’une clientèle qui espère encore y voir débarquer Sagan et Chazot en rupture de Castel, mais l’entrecôte y est plus qu’honorable et le lapin « chasseur » décourage l’alerte au piège à gogo. C’est pas cher et mimi tout plein.

            Voilà ; Dans un prochain épisode (3), je te raconterai les manières de venir Dîner à Saint Germain ( The Kitchen Galerie, Ma maison, Fogon, Yugaraz, Guy Savoy ) mais pour aujourd’hui, tu t’es assez empiffré comme ça, mon cochon

 Un suppositoire et au lit.

18:45 Écrit par Ma | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13/04/2006

13 avril Dejeuner en vil

Restrocon

 

Le Transversal ( Musée d’art contemporain de Vitry sur Seine  94 etc. )

01 55 53 09 93

 

Outre un excellent effet sur les dames plutôt tartes (1), j’ai eu produit pas mal de spectacles à l’époque ou un petit talent me permettait de convaincre le charcutier prospère d’investir dans le sunlight à réchauffer les cochonnes. Je me suis à ce titre fadé un paquet de municipalités que je t’épargne. Outre les ronds-points circulaires destinés à payer les élections

( Ca va chercher dans le million et demi d’Euros en comptant les dessous de table ), une de leurs marottes était le « Musée d’art moderne » Putain ! Ca pose, ça ! … « Musée », on n'en parle même pas : une ville sans musée, c’est comme un truc auquel il manquerait un truc, si tu vois ? « Art moderne », c’est pour se consoler (Bou-hou ! ) de s’être fait traiter de pignouf en rafale en ricanant successivement des « Impressionnistes », du « New look », de « Picasso » (mon fils fait les mêmes ), de Françoise Sagan, des poissons « Pas cuits » etc.

La recette est simple. Tu prends un architecte « Bonbon » capable de t’en coller pour un paquet de cubes de couleurs éteintes posés sur des eaux dormantes indispensables à l’évocation de la sérénité issue d’une bonne circulation du liquide, de la baie vitrée, des bintzes  high-tech parce que papa, pour ses ronds, ce qui l’amuse, c’est de montrer aux jaloux qu’en plus, ça clignote, et c’est une affaire qui va bien.

Tu mets dedans ce que tu veux : tout le monde s’en branle du moment que ça nourrit la nuée de voraces que le potentat traîne à ses basques.

La nouveauté, ici comme ailleurs ( Palaces, boutiques, lieux ( ?) et pourquoi pas demain stations-service ) c’est le resto. La graille comme signature sociale et enseigne pour attirer le chaland que les nourritures terrestres appâtent mieux que les vues de l’esprit.

Pourquoi pas ?

La ou ça commence à couiller, c’est que par un travers commun à nombre d’as du marketing, une communion est prévue entre les abstractions virtuelles accrochées aux cimaises et la résonance identitaire des tortores proposées au vague à l’âme et à l’estomac du pékin par l’odeur et la barbouille alléché.

Résultat des courses, au hasard : le Transversal

Les cubes de béton laisse béton sont au rendez-vous. C’est froid, vide, convenu donc, plutôt pas moche pour qui aime le genre ( J’en suis, je marche à TOUTES les conneries qu’on essaye de me fourguer : le client alors Bé-ton ! ) Le resto ? Tu te doutes qu’ici, les étiquettes qui l’indiquent son malcommodes 4X3 ou à la loupe, pas de mesure, en tous cas, ça ferait plouc.

Bon

Nous voici dans une salle sombre et, est-il besoin de le préciser, minimaliste. Ca tient de la regrettée cantine de Billancourt cher à Doisneau  ou du hall « performer » d’un Palace hype.

C’est selon. Curieux comme le pégriot et le cossu se retrouve quelquefois au gré de décorateur vicelard du mélange des mauvais genres.

Clientèle de moines soldats ( crânes rasés argentés, noir, c’est noir ) à la croisée lointaine de Rei Kawakubo et de « Men in black » et dames au pochoir mélangés avec du tout venant familial et de la secrétaire en petite meute venue en voisine des bureaux alentour. C’est plus gentillet que friqué, un peu pub middle class, voir en un mot, sympatoche, pourquoi pas ?

La carte joue la schizo

Côté dîner, des prétentions technico-boufatoires dont on redoute qu’elles fussent mises à exécution sans le talent et la rigueur d’un très grand cuisinier. En ce qui me concerne, je déjeunais.

A la carte deux plats plutôt amusants. On n’en saura pas plus : y’en avait pu. Pour excuser le chef, convenons que nous étions passés à table à 12 heure 20 et qu’à Vitry, on mange tôt.

Reste une liste ( une ligne ? ) « d’ingrédients » à composer suivant appétit et humeur. Rien d’émoustillant je te rassure. Quelques bouts de cochon ou de barbaque prétentieusement supposés d’exception alors qu’ils ne sont que de bonne qualité, des légumes, des céréales, même motif, même punition, du sucré, du salé dans leur plus simple appareil et à toi de jouer. Ici le cuistot à tout pigé au film : Tu te DEMERDES.

Tu composes donc dans l’esprit ou tu trouves en pillant ton frigo à l’occasion d’une retraite de discothèque au hasard de ce que tu dégottes, en moins rances, soit, mais en plus chers ( chaque ingrédient n’est facturé que quelques Euros, mais suivant la loi exponentielle qui veut que passer à table donne faim … )

Soyons honnête : Ca n’a aucun, mais AUCUN intérêt. 

Alors pourquoi nous beurrer le moule avec cette longue digression ?

Ben, parce que, justement.

Le « Joueur de flutte » à un coup dans le pupitre et le public en général et les mangeurs en particulier tendent à mon avis à devenir moins sots qu’ils ne le furent ( Et moi avec ) Au détriment quelquefois d’une lichette d’imagination et de créativité, il est vrai, but nobody is perfect. 

Reste de ces engouements stupides qui prennent à leur propre piège emblématique  un cuisinier ( Inaki Aizpitarte ) que l’on soupçonne plus adroit et attendrissant que ne le laissent supposés ces crétineries comestibles. A ce titre comme à celui du foutage de gueule ( Qui se souvient du resto de Nice dans un théâtre avec les cuisines SUR SCENE ! ), il faut se montrer polémique et intransigeant et envoyer balader ( je reste poli ) les « happening » et « expériences » qui pètent plus haut que leurs casseroles.

Allez, c’est pas tout ça. Je vais manger.

 

(1) Hors la mienne qui quand elle liera ces lignes par-dessus mon épaule ne manquera pas de se reconnaître comme l’exception confirmant devine quoi ?

19:58 Écrit par Ma | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/04/2006

La BOUFFE, c'est POLITIQUE ?

Peut-on considérer Hitler comme un gastronome en culotte courte au prétexte qu’il portait des culottes de peau à table ?

 

        Le politiquement correque te grimpe sur les paturons jusqu’à t’irriter les cors. Tu conduis ta caisse à l’odeur, clope comme un cancéreux hilare, préfère la poésie à c’te table de Sébastien à la poésie à c’te livre de Mallarmé, collectionne les culottes usagées des filles, te branle de l’avenir pulmonaire de la planète, envisage avec appétit le steack de bébé phoque. Politiquement, tu te situes entre Eva Braun et le sous commandant Marcos ( Sous commandant ! Ca alors, comme grade, fallait l’inventer ! Repris par l’amicale des cons bornés de la presse planétaire sans qu’il s’en trouva UN pour se faire pipi parmi de rire ! )

            A propos : La bouffe, c’est politique ? Lard ou cochon ? Y’a-t-il une bouffe de droite et de gauche et si oui, à laquelle confier sa gamelle ?

Faut vraiment être un tordu de casserole pour poser une question pareil avec tous les mange merde qui ont même pas assez de caca pour leur « Quatre heure » ! ?  

Avant que l’oseille ne nivelle les sensibilités et ne mettent tout le monde sur deux rangs ( T’en as ou t’en as pas ) l’usage accordait des a priori d’une nature plus réjouissante : En simplifiant, on prêtait le classicisme à la becquetance « de droite » Les arsouilles férus d’ordre et de tradition cher à Audiard s’appuyaient de la blanquette et du miroton « Sérieux » et l’épouse du docteur Machin concoctait le dimanche des Vols au vent « Financière » à l’intention de belle-doche à la dent présupposée dure. Du « violent » avec fond de cholestérol et diabète en garniture. Ce monde-là eut vite fait de laisser le « light » et les eaux pétillantes aux tarlouzes (Cf. « les tontons flingueurs), je te prie de croire.

La gauche pour faire son intéressante se piquait évidemment de modernisme et suivait plus volontiers les « Toques rouges » de Henri Gault et Christian Millaut, les duettistes à 64 quenottes du « Poisson rose à l’arrête » Ces deux-là firent un sort pour le meilleur et pour le pire à de vieilles lunes se reflétant dans les sauces figées se morfondant au bord de feuilletages cons comme une rondelle de tomate « pour faire joli » dans une assiette cafarde. On vit de ce côté-ci du couvert des joyaux comme le magret de canard aux kiwis ( une façon d’humilier un palmipède qui perdure chez les assassins, comme certains continuent le disco, le yaourt ou l’UMP au-delà de la date de péremption )  « L’homme de progrès donc de gauche » ne rechignait pas non plus à minauder des exotismes tiers mondains : Chili con carne et sa garniture de réfugiés chiliens et Fejoada courraient le grand steeple du haricot rouge mais personne n’en a plus rien à péter, de mes histoires. Le « Chili », c’est passé dans les mœurs des pauvres, ça n’intéresse plus personne.

Sinon, droite et gauche se fédéraient chez Lipp et les plus dégourdis autour d’un gros garçon timide qui réveillait la cuisine hôtelière dans un établissement de niakoués du quinzième, le Nikko, sans soupçonner que Joël Robuchon tournerait lui-même un jour au dealer de canapés à des tarifs à décourager les dealers, mais s’en est une autre, d’histoire.

Bon. Voilà que pépé nous refait son époque.    

So … Cuisine moléculaire et « Rosbif purée » se révèlent-t-ils  mieux disposés à partager aujourd’hui le plat à gratins en amoureux, la bulle de melon dans le saucisson de Lyon pommes « vapeur » ?

Mmmmm. Oui et non.

La ménagère de moins de cinquante calories répugne à manipuler l’azote liquide pour se faire cuire un œuf. Que celui qui n’a jamais éprouvé une louche de perplexité devant un chewing-gum au foie gras et son coulis de « Malabar » lui jette la première pierre à évier.

     D’un autre côté, hors les querelles de branleurs de gras, et je ne dis pas ça pour l’amant de ma femme que je respecte infiniment pour son sacerdoce, il est aujourd’hui de bon ton d’aimer tout les genres : toujours ce foutu consensus. La ( savoureuse )  cuisine de Camdeborde ( Le comptoir du Relais ) les architectures chiadés des ténors engliche ou espingouins qui tiennent désormais la proue de la marmite à voile et à vapeur, les sashimis, le lapin « moutarde »  plus ou moins revisité, la frite « au couteau » ( Et tu veux la couper avec quoi ? Avec ta bite ! ) et le tempura « nuage de friture », le piment d’Espelette (Putain, si on en croque, de celui-là !) et le thé vert, tout et son contraire et on se garde bien de pas dire « J’aime pas », « C’est dégueu », « C’est infect, ce truc-là » « Mais ça PUE ! … » Non, on préférera « Ce n’est pas à mon goût », « c’est spécial », « faut aimer », « C’est une culture » 

Bon. Passez le genre et les manières, au fond pourquoi pas l’oeucuménisme ?

J’ai toujours eu la curiosité, celle des papilles entre autres, dévorante, le mot, alors, choisi.

La curiosité, mon kiki ? Un moteur puissant au service du savoir, l’ennemi le plus redoutable de la peur, une des maîtresses les plus exigeantes de la connerie. Tu méditeras la sentence  en réchaufant tes nouilles.

Dis donc, et Hitler, au fait ? Il était végétarien, ce con. Bon, ben Y croque des racines.

 

19:25 Écrit par Ma | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

06/04/2006

GASTOSSES : Tu viens manger, oui ! ?

Gastôsses : Tu viens manger, oui ! ?

 

LE POT AU FEU ? 01 47 42 37 10

36 rue Vignon 75008 ( 36 à la louche. M’écris pas pour me dire que c’est au « 38 » je m’en branle )

SENDERENS 01 42 65 22 90

9 place de la Madeleine 75008

 

Connaissez la S.T.I. Vignon ?

Non, évidemment. Moi non plus, d’ailleurs.

C’est en fouinant comme un jalmince que j’ai découvert que c’était la raison sociale sournoise du gastos ou j’ai déjeuné mercredi. Même pas dans l’annuaire, comme ces vraies gloires de la boustifaille dont la raison sociale est passée à la déraison commune.

Pour situer, je m’affairais vers « la Madeleine » ou j’ai beaucoup œuvré naguère. Ceci expliquant cela, je peux affirmer qu’on y mange plutôt dégueu, hors quelques exceptions (1) que je t’épargne aujourd’hui, sinon de quoi sera fait demain, mmmmm ?

Je ne sais même pas si l’enseigne y est depuis le temps que je m’y pose, mais tout le monde appelle ça « Le pot au feu » parce qu’il s’y concocte essentiellement devine quoi ?

C’est gentiment moche. Trois mètre quarante douze d’une façade de bistro d’un sans intérêt entretenu précède une petite salle plus croquignolette pour peu que t’es la nostalgie pleine de taches chevillée à la nappe à carreaux.

Oublie le rodé du service, c’est peu dire, mais sympathique néanmoins : Après tout, TOI aussi, t’es là pour y (re)jouer.  Oublie le potofe. Tu te doutes de la perfection comme de l’absence absolue de fantaisie. Si l’aventure te ronges, elle n’ira ici pas au-delà des bâtards légitimes du susnommé ( hachis Parmentier, salade de bœufs etc. )

Alors, qu’est ce qu’Y reste ?

Y reste que t’es BIEN, dans ces endroits là. Y reste que le monde y est ( redevient ? ) GENTIL, le serveur malicieux, les clients aimables. Le non fumeur pratiquant y va de son sourire bienveillant à l’intention de la bonbardière qui s’y bitume le « 85 b » Ca chuchote et cliquette peinardement comme François Simon aime à te le narrer dans le Figaro croque.

C’est un peu con et attendrissant.

Le murmure guilleret de la conversation de Chonchon s’éloigne. Au-delà des vitres de la devanture, voilà que je devine un autre temps : De ne pas avoir encore eu  à ravaler sa honte, Paris est noir de joie. la pollution pète de santé, d’ailleurs, le mot n’existe même pas. Il pleut sur la rue Godot une saloperie froide qui te ramène le col. Le minuscule « Tabac » rouge, lui, existe encore. Les filles « cuisses blindées » remontent du mandataire des halles avec le crapaud congestionné de liasses commack « Tu montes, mon gros nounours ? je fais TOUT ! » Les poulets sont en pèlerine et Fauchon en installe déjà. Quelquefois, pour les grandes occases, maman y achetait un « Canards aux fruits » Une saloperie coûteuse farcie de foie gras et de cerises comme « l’hostellerie du gros con et de sa note de frais réunies » n’oserait plus en servir même sous la menace. Les dames « convenables » empruntent de préférence la rue Tronchet, tu te doutes. Nous, on allait toucher les cashmere chez Old England en se demandant si c’était jouable d’en tirer un ?

Hein ? …

4 cafés et l’addition. 54 Euros pour deux assiettes « impec » avec un vin « De table » à la ficelle ( une demi ) le bol de bouillon préalable était connement proposé à 5 Euros ! Ce serait tellement plus gracieux de mettre 2, 3 Euros discret au bout du Pot au feu ( 16 Euros déjà quand même ) et de te proposer à loisir le bouillon et la tarte aux pommes de circonstance, mais ne l’oublions jamais, les français sont les plus mauvais commerçants du monde

Pas grave.

Note que j’aime bien le Tofu et les sushi aussi, mais le top, c’est pas « cadeau » non plus, comme dirait Chonchon.

 

 

(1) Mention tout de même pour le Sanderens que je fréquente ( un peu ) depuis l’Archestrate et son lièvre « A la royale » pour frimer. Toujours est-il que depuis que pépère s’est mis en tête de ( mieux ) remplir sa tirelire en nous cassant moins les nôtres, progrès indiscutable, d’autant qu’il n’a pas fait du petit bois avec les Majorelle pour autant. J’y es traîné le Chonchon à l’ouverture et nous étions d’accord en sortant : nous nous étions TOUT léchés. Evidemment, 260 Euros quand même. Difficile d’en faire sa cantine : A moins que tu n’envois tes dons à la fondation « Pépère viou pour le bien manger : Restos sans la douille »

D’avance, merci.

17:17 Écrit par Ma | Lien permanent | Commentaires (285) |  Facebook |

31/03/2006

Travers de cochon caramélisé et sa pupure

Aujourd’hui : travers de cochon et sa pupure

In english : Today, travers de cochon and his pupure

 

            D’abord, pourquoi « aujourd’hui », mmmm ?

            Ben, passssque j’en fait, eh, banane !!

            On est en « Temps réel, là »

            Ouaôôôh ! Super excitant !

           

            Ensuite, pourquoi de « Cochon » et pas de « Porc » ?

            Ah ! Déjà plus subtil.

            « Porc », c’est technique, froid, pas joisse. Ca pue l’Europe agricole et ces quotas soporifiques. Tandis que « Cochon », bonjour madame ! C’est mignon, un cochon. Ca t’évoque à loisir de somptueuses boustifailles à relents de Madeleine proustienne ( C’était un boudin ) « On tue le cochon », tu vois, le genre de connerie qui éveille la fibre péquenode qui sommeille en tout un lascar, surtout s’il n’a jamais vu un arbre. Le crétin de marketing t’en colloquerais d’ailleurs volontiers long comme n’importe quoi de long, si la connotation péjorative du mot ( Oh le cochon ! ) n’avait retenu ce castré du verbe. Le restaurateur raisonnablement voyou ne se retient pas, lui, pas con : « Morceau de cochon caramélisé et son jus réduit accompagné de succulents machins en rabe » Sous entendu, mon gars, tu vas t’en mettre PLEIN le bavoir. Le message, tu l’as compris, slurp… Tu vois ?

            Un jour ou je disposerai de plus de temps, je t’expliquerai que ce n’est pas tant le MOT, ni même l’ACTION, Mais l’INTENTION qui forme l’essentiel et même l’essence d’un mot, d’un acte ou d’une pensée humaine. On y reviendra un de ces quatre, puisque je te dis que c’est promis.

            Bon, en attendant, on y retourne.

            Il te faut des travers de … ? Cochon, bravo !

            Combien ?

            Ben, si tu m’invites, beaucoup. Pour nourrir un être humain ou un enfant, je compte 3 ou 4 côtelettes par tête de con, minimum : c’est TROP bon.

            Pour la « pupure » je te refais pas le baratin du « cochon », même un tchatcheur comme moi finirait par fatiguer. C’est en tous cas un mariage de raison : la pupure apporte en dot son moelleux, les travers assurent comme des garçons le côté craquant et fort en goût. Ca le fait.

            Il te faut des patates.

            Bien sûr, Joël Robuchon, je parle du temps ou il était cuisinier et pas marchand prétentieux de prétentieuses ( et délicieuses, soit) conneries à grignoter, t’en ferai une cagette avec « Les rattes du Touquet », un fourbi de tamis et une bonne branlette par-dessus pour se détendre après la crise, parce que les patates au tamis, bonjour. Cet homme là, à lui tout seul, aura lancé une patate, c’est plus coton qu’une navette spatiale à la con, si tu réfléchis. L’engeance qui s’est engouffrée dans la pelure ! Le nombre de marchands de légumes dégueulasses qui te fourguent désormais à prix scélérats de la « Ratte du Touquet » en prenant l’air hautain du cousin de la famille (alors qu’ils ne sont au fond que les domestiques de l’illustre tubercule ) ch’te jure ! Evidemment, last but not least, sur la lancée, les péquenauds finauds rivalisent d’imagination en rêvant de la prestigieuse appellation A.O.C. patateuse (1) euf-euf qui leur permettra de t’arnaquer à la tonne à leur tour.

            En attendant, cochon, patates, c’est pas reuche.

            C’est le printemps. On commence à trouver de la pomme de terre «nouvelle » ,une vraie grâce et ça coûte peanuts. Sinon, Y’a de nombreuses variétés qui rouleront admirablement. Demande à ton marchand, j’ai la flemme de te faire un cours.

            Ok, du cochon, des patates.

            De l’huile. ( Olive, arachide etc. c’est toi qui voit : la tendance en ce moment est à l’alternance ) De toutes façon, il t’en faut une gouttelette. Le gras du cochon qui va fondre ira tout seul.

            De l’huile de noisette. En plus. Ah ! Je te préviens, ne tombe pas dans les pommes ( de terre ? ) ça coûte bonbon. Ca se vend en mini flacon pour calmer le jeu et ça s’utilise en lichette. Ok, tu refroidis ?

            Du beurre.

            Un peu de lait tiède ou même froid

            Sel, poivre.

            Bouillon de printemps CPE (ici même plus bas ) ou de la flotte, ça va très bien

            GAFFE ! Du temps ( 3/ 4 heures ! ), mais presque rien à foutre.

            Roulez, jeunesse.

 

            Bientôt, je te ferai un cour sur le fourbi MINIMUM dont tu as besoin. En attendant, tu vas pas rester à t’agacer le cancer au « William Saurin » pommes « misère »

            Pour utiliser tes couteaux et plus généralement faire la bouffe, il te faut un espace ou tu puisse notamment déployer si possible en permanence DEUX planches en bois, je te rassure l’une sur l’autre.

            Une grande ( un billot à l’idéal ) ou tu fais presque tout SANS ESQUINTER tes couteaux ( le bois ) et une petite pour certain travaux délicats ou très salissants que tu poses dans ce cas sur la première et que tu évacues vers le lave-vaisselle ou l’évier si tu es pauvre ou orthodoxe pratiquante.

            Bref tu poses tes travers de cochon confortablement installés sur leur planche comme des fakirs pas casher ( Ca existe, CA ! ? )

            Tu disposes d’un solide et grand couteau qui va te permettre de découper grossièrement les travers entre les cartilages du sympathique animal. Si tu as du rabe de barbaque au bout du travers, tu le découpes en pièces à peu près de la même taille.

            Tu prends un grand plat qui va aller au four comme un grand. C’est son job.

            Tu poses tes morceaux bien étalés qui ne se chevauchent pas. On fait la cuisine, là : pas une partouze. Cochonne, va … Ca te tient quand même, hein … ?

            Tu sales. Tu poivres. Des fois je mets une liche de sucre ( Candérel ) mais c’est pas dans la bible. C’et comme ça te vient

            Tu huiles.

            Un peu de flotte ou de bouillon au fond dès le démarrage. Comme au Sahel ( En raison de la durée de cuisson ) l’ennemi, c’est la sécheresse.

            RIEN d’AUTRE.

            Base les marinades à la con dont le gros blaireau viril en maillot de « son » club raffole les dimanches de bébé cul. C’est compliqué, inutile ( Il n’en reste quasi rien dans une viande joliment caramélisée ) et le plus souvent raté.

            Simplement, il est, allez, 16, 17 heure au plus tard (pour le dîner ) Tu démarres à four froid et TRES BASSE TEMPERATURE (140° thermo 6 )

            Tu arroses régulièrement assez souvent ( Disons à peu près deux fois par heure … Ca prend 30 secondes ) Dans la foulée, tu feras monter la chaleur en surveillant la caramélisation des bestioles ( 160°, 180° pas plus …) En gros, au début, ça vire « gris moche » mais faut garder son calme et pas monter en chauffe pour autant. Te v’là partie pour 3 ou  4 heures de cuisson. Sans te prendre le chou avec des complications, tu t’inspires ce faisant des techniques de « laquage »  de la ( prodigieuse ) bouffe chinoise.

            Ah ! oui. A partir du moment ou ta barbaque vas tourner au caramel de viande ( Maman ! )  Tu peux te la retourner une fois et la ramener en position de départ une ou deux heures plus tard. C’est comme aux séances d’ U.V, chérie. T’as envie de rester avec le cul ou les nichons blafards ?

            T’arroses gentiment et régulièrement, bien sûr ( la sécheresse ) et vers la fin, tu gratouilles avec une spatule le cramé exquis qui dois retourner au jus ( gants de cuisine : il fait CHAUD, là-dedans ) 

            C’est TOUT

            Fabuleux. Pas dur. Le contraire de Villepin, en sommes.

 

            Ok. Il est 19 h 30 environ. Let’s take the « pupure » time !

            Tu épluches tes patates à l’économe. Tu les découpes grossièrement pour qu’elles cuisent un peu plus vite et surtout qu’elle soient plus facile à écrabouiller.

            Une casserole. De l’eau. Pleure pas ta misère. Grande casserole. Grande eau. Un peu de gros sel, je vais pas te faire un dessin non plus. ( Voir figure 1 )

 

Figure1 je ne te fais pas un dessin

 

           

            Ca bouille ; Arrête ton feu et respire.

            Un grand récipient. J’utilise des saladiers en plastoque de couleur, pratiques et sympas. Je te les prête en échange d’un bisou et plus si affinités, mais si Chonchon lit par-dessus mon épaule, ça va chier.

            Tu passes tes patates dans une écumoire dans, devine, l’évier. Tu n’as pas d’évier, tu es S.D.F. ? C’est délicieux, une boite de Frolik, de temps en temps.

            Pendant ce temps là, tu sors ta barbaque du four et la pose sur le coin du fourneau pour laisser tout ça se décontracter un poil.

            Tu balances tes patates dans ton récipient. En principe, elles fument, mais c’est pas cancérigène, au moins jusqu’à que TF1 s’affole ( Faut ARRETER les patates, TOUT de SUITE ! ) un ‘tit peu de lait, un ‘tit peu d’huile de noisette. Comme ça, on arrête de te les briser avec cet incomparable goût de noisette de tout et n’importe quoi, sauf les noisettes qui n’ont plus de goût, bien entendu. Un peu de beurre ; tu vois l’idée, c’est une bassine FUMANTE et MOELLEUSE,  le genre d’une femme à aimer avec les doigts.

            Tu t’armes d’une fourchette.

            Tu en écrases, ce qui à l’évidence ne signifie pas que tu t’endors dessus, mais au contraire que, calmement, tu écrase tes patates à TA façon. Ca peut aller de la pomme de terre grossièrement broyée avec des morceaux dedans, jusqu’à la purée lisse comme la conscience d’un « politique » qui fait confiance à la justice de son pays. Ca dépend de ce que tu vas servir avec et des goûts de ton petit monde. Evidemment, plus tu vas foutre de liquide (Lait, huile ), plus tu ira vers la mousseline. En tous cas, mollo au début parce que si tu vires à l’eau de pomme de terre, bonjour pour rattraper le désastre.

            Tu as réussi une bonne pupure. Bravo, ma chérie

            Tu peux lui filer un coup de snobinard à l’occasion ( huile et hachis d’olive avec un rouget, herbes hachées, « chips » de bacon, laisse filer ton imagination… ) mais moi, je l’aime intact. Je serais là vers 8 heure.

            Tu poses tes morceaux de cochon sur une ou deux épaisseurs de Sopalin ( Pub gratos, j’en mange pas ) posé sur une assiette et tu les éponges.

            Tu récupères le jus après l’avoir éventuellement gratouillé dans son plat à chaud pour en récupérer les sucs délicieusement gras et cancérigènes comme on raffole …

            Tu verses ce bintz dans une saucière, un bol, un récipient en évitant la flûte à Champagne.

            Tu composes tes assiettes d’une ou deux bonne cuillerée de pupure dans lesquelles tu enfonces à peine 3,4 côtelettes de cochon archi caramélisées.

            Un peu de jus artistiquement déposé au bord de la pupure MAIS PAS sur les côtelettes. Tu niquerais le côté craquant de l’affaire, malheureuse !

            Ca sent bon ? C’est délicieux. Ton homme vient d’arrêter de regarder la taloche pour confier ses yeux à ton « 95 c » Tes enfants arrêtent de te réclamer des trucs.

            Merci qui ?

           

           

(1) Qui signifie A.O.C.

18:49 Écrit par Ma | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

30/03/2006

30 MARS ROZOTTO DE PETITS POIS et

La recette des petits pois cuits à la façon d’un rizotto, ici avec garniture de Saint Jacques, qui devrait à l’évidence te provoquer une érection, pour peu que tu disposas de petits pois et d’une bite, mais j’aime mieux causer aux dames.

 

            C’est le printemps, dis donc. Les premières Gariguettes (1) pointent leur acnée à des prix plus prohibitifs que le salaire d’un CPE. Ce matin, outre les dernières Saint Jacques, j’ai follement craquer pour de l’asperge blanche des landes sévèrement négociée avec un voyou légumiste de ma connaissance.

            A ce propos, quid de la querelle entre légumes « Métèque » et bien de chez nous (2) ? A cela je répondrai en bref qu’il faut de tout pour faire un monde. Bien sûr, comme nombre d’autres bobohisants à la con ( le second connard après moi qui me traite de CA prend mon caddie dans la gueule … ) j’ai tendance à raffoler du cul terreux garanti local, (un panneau signale leur étal sur les marchés ) les panards dans sa glaise, qui arrache à la sueur de TON front ( faut voir les prix qu’ils pratiquent ! ) la bottinante de navets guillerets et la rougette croquante mais … Faut-il rappeler ici le réel effort que font désormais les grandes surfaces pour aligner des produits de qualité ( Essaye de choisir tes petits pois un  à un, bien plein, bien craquant sur le marché, tu vas voir si tu te fais appeler Jules, tandis que chez madame Leclerc, on te fout une paix royale, note qu’on peut s’en désoler, mais que c’est comme ça … ) Bon, on résumera : Affaire de prix, de coups de foudre, d’opportunité et basta. On peut traiter le produit de bien des façons et on dira en règle générale que plus il est beau, plus on se gardera de lui compliquer la vie. Sublime tomate bretonne = sel et filet d’huile d’olive. Bonne grosse « machin rougeaude » du Diable sait ou = cuisson compliquée genre un « farci » d’une autre planète. Je ne pense que Alain Passard qui est aux légumes ce que tu voudras, me contredira. Au reste, sa femme me le confirmait encore au lit l’autre nuit pendant que le maître nous faisait cuire les nouilles.

            Dire que l’on va faire un rizotto avec des petits pois est une imbécillité. On fait un rizotto avec du riz. On va simplement s’inspirer de la technique de cuisson de celui-ci et en prêter les grandes lignes à celui-là.

            C’est TRES facile.

Il te faut

            Des petits pois, sans blague !

            Des coquilles Saint jacques que tu pourras remplacer au gré de ta fantaisie par un tas de trucs qui se marient avec les petits pois ( Exemple : des blancs de poulets marinés )

            Du beurre

            Sel

            Sucre

            Poivre

            Un peu de fond déshydraté ( veau , volaille )

            Une tranche épaisse ( au moins 3/4 millimètres ) d’un jambon issu d’un cochon digne

            Quelques brins de persil

            Huile d’olive

            Flotte

 

            Tu prends un récipient à l’idéal une casserole si possible à fond épais puisqu’il devient difficile de trouver des pots de chambre en état de marche.

            Un peu d’huile d’olive au fond qu’on laisse doucement monter en température comme disent les rouleurs de mécanique qui aiment se la péter avec des histoires de moteurs.

            T’as écossé tes petits pois et tu en sais le bonheur puisque tu as lu le bouquin de machin à propos de ce dont duquel il s’agit.

            T’as finement haché les feuilles de trois ou quatre brins de persil que tu gardes dans ta culotte si tu n’a rien d’autre, mais alors faudra pas te plaindre s’il a eu chaud.

            Attention, pendant quelques minutes, ça va être tintin pour t’éloigner de ta casserole.

            T’as as portée de main un peu de fond ( poulet, veau genre déshydraté ok ) du sel, du poivre, du  sucre ( perso j’utilise du Candérel, parce que je suis l’ennemi du sucre et surtout réciproquement, mais bon, c’est toi qui voit ) du beurre et une bouteille de flotte.

            Tu balance tes billes vertes … putain, me voilà à métaphorer comme le dernier des idiovisuels … On la refait :

            Tu balances les petits pois dans l’huile et tu remues doucement mais régulièrement avec une cuillère ou une spatule en bois pour que ton fourbi ne colore pas. Un peu de sel pour fixer le vert éclatant et tant pis si cet admirable cinglé d’Hervé This me chie le contraire dans les éprouvettes.

            Tu balances un peu de sucre et du poivre dans l’affaire et tu remues, tu remues au lieu de me regarder comme un con.

            Ca y est ? Tes bestioles sont laquées d’un beau vert académique ?

( Voir figure 1 )

 

 Figure 1

 

 

            De l’eau, en petite lichette. Ca va faire « psssshhhht … » mais tout de même en moins sévère qu’avec le riz et surtout sans la redoutable montée de vapeur ( Gaffe aux mimines ) un peu de « fond » ( veau ? ) , histoire de foutre une ambiance et le reste est affaire d’humeur. J’ai tendance à ne trop en faire tant j’aime le goût précis du légume, mais t’as le droit d’essayer une épice ou une herbe, voir un peu de parmigianno. Tout est question d’humeur.

            Tu cuits quelques minutes en goûtant. Ton petit pois dois être quasi « al dente », ce qui, attention, ne veut surtout pas dire cru.

            Un peu avant la fin du film, il te reste, allez, 4,8 millimètres de liquide ( sinon, tu rajoutes et tu attends une petite réduction, allons, chérie, tu te réveilles ou quoi ? ) un bon copeau de beurre ( salé dirait toujours Passard qui adore dire « copeau de beurre salé » mais ça peut t’attirer dans ennuis avec la police si tu retires d’aventure un arabe en morceaux de la marmite de moules marinières )

            Si tu te la sens, tu peux clarifier ton morceau de beurre dans une autre casserole au préalable. Tu connais ? Chiant, mais pas dur. Tu fais fondre tout doucettement en retirant à l’écumoire la mousse blanche qui se forme à la surface du liquide jaune « pipi, je sais pas ce que j’ai bouffé, moi ? » résultat des courses : c’est plus digeste et tout le bon cholestérol qui aurait pu engluer les artères de ton vieux machin et te permettre d’hériter enfin reste sottement dans la mousse répugnante. Bon, c’est toi qui voit.

            Tu gardes dans un coin quelques secondes en arrêtant la cuisson et en couvrant pour éviter l’évaporation, le refroidissement ou que les petits pois s’enrhument.

            Douée comme je te devine, tu as eu la sagesse de demander à ton poissonnier de te nettoyer les coquilles Saint jacques ( entre parenthèses, à mon avis une des plus belles inventions mangeable depuis la disparition du regretté vélo à moteur )

            Te reste à séparer DELICATEMENT, putain, que tu vas tous me massacrer « l’orange » de la noix, et virer sous un filer d’eau froide filet noir et petites peaux glaireuses dégueulasses qui rappelle celle de ton aîné à l’affût d’un premier emploi « adorant le contact avec les gens »

            Les « oranges » tu te les gardes pour une autre recette que je t’expliquerai un autre jour à moins que tu ne préfères les envoyés sous pli discret à ton directeur des ventes. C’est toi qui voit.

            Tu escalopes avec une bonne lame tes noix de Saint jacques en deux ou trois selon taille. Attention, plus c’est fin, plus ça cuit ULTRA vite.

            Une assiette que tu vas passer au pinceau d’un filet d’huile d’olive

            Tu poses tes escalopes de noix

            Re pinceau re filet sur les noix ( Et non pas de la noix dans le filet. Arrête ! c’est sérieux, là )  

Sel

            Poivre.

            Main légère.

            Là deux écoles :

            Si tes noix sont TRES fraîches ( je veux dire les coquilles. Je m’en voudrais de mettre en doute la qualité de tes fesses ) et que tu ne redoutes pas le goût canon des coquilles crues : STOP

            Sinon

            Quelques secondes d’un seul côté dans la poêle très chaude ( huile d’olive ) un coup de brûlé et basta, quoi.

            C’est encore toi qui voit, ma poule. T’es la chef.

            On découpe le jambon en dés

            On chauffe quelques secondes les petits pois

            On balance le jambon dans ce bonheur.

            On remue

            On remplit les assiettes. J’ai un faible pour les assiettes creuses pour ce genre de blot, mais c’est pas une religion non plus.

            On complète avec quelques escalopes de St Jacques, un peu de fond des petits pois déposé délicatement à la cuillère et on poudre comme une jolie femme avec le persil haché, voir du parmesan si on est d’humeur à ça.

            On sert à mon idée avec un blanc hétéro mais pas trop, si tu vois le genre. Non. Pas grave. Au fait, ça le fait joliment avec une bouteille de cidre aussi, des fois que t’aurais une campagne en Normandie.

            Allez … caresses aux enfants.

             

 

             

             

           

 

 

 

 

(1)   Ce sont des fraises, même des restaurateurs à « formule » en ont entendu parler. Tu me DESOLES.

(2)   Je continue  à ne pas piger comment le haricot du Val de Loire peut coûter quinze fois le prix de celui du Kenya. On m’a expliqué maintes fois que le fier Masaï becquetait du poil de queue de lion le dimanche et savait se contenter de ses bouses la semaine, tandis que le Val de loireux exige un Château Cheval Blanc pour son «  4 heure », mais fatigue pas ta salive, ça me la coince.

18:40 Écrit par Ma | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |