13/04/2006

13 avril Dejeuner en vil

Restrocon

 

Le Transversal ( Musée d’art contemporain de Vitry sur Seine  94 etc. )

01 55 53 09 93

 

Outre un excellent effet sur les dames plutôt tartes (1), j’ai eu produit pas mal de spectacles à l’époque ou un petit talent me permettait de convaincre le charcutier prospère d’investir dans le sunlight à réchauffer les cochonnes. Je me suis à ce titre fadé un paquet de municipalités que je t’épargne. Outre les ronds-points circulaires destinés à payer les élections

( Ca va chercher dans le million et demi d’Euros en comptant les dessous de table ), une de leurs marottes était le « Musée d’art moderne » Putain ! Ca pose, ça ! … « Musée », on n'en parle même pas : une ville sans musée, c’est comme un truc auquel il manquerait un truc, si tu vois ? « Art moderne », c’est pour se consoler (Bou-hou ! ) de s’être fait traiter de pignouf en rafale en ricanant successivement des « Impressionnistes », du « New look », de « Picasso » (mon fils fait les mêmes ), de Françoise Sagan, des poissons « Pas cuits » etc.

La recette est simple. Tu prends un architecte « Bonbon » capable de t’en coller pour un paquet de cubes de couleurs éteintes posés sur des eaux dormantes indispensables à l’évocation de la sérénité issue d’une bonne circulation du liquide, de la baie vitrée, des bintzes  high-tech parce que papa, pour ses ronds, ce qui l’amuse, c’est de montrer aux jaloux qu’en plus, ça clignote, et c’est une affaire qui va bien.

Tu mets dedans ce que tu veux : tout le monde s’en branle du moment que ça nourrit la nuée de voraces que le potentat traîne à ses basques.

La nouveauté, ici comme ailleurs ( Palaces, boutiques, lieux ( ?) et pourquoi pas demain stations-service ) c’est le resto. La graille comme signature sociale et enseigne pour attirer le chaland que les nourritures terrestres appâtent mieux que les vues de l’esprit.

Pourquoi pas ?

La ou ça commence à couiller, c’est que par un travers commun à nombre d’as du marketing, une communion est prévue entre les abstractions virtuelles accrochées aux cimaises et la résonance identitaire des tortores proposées au vague à l’âme et à l’estomac du pékin par l’odeur et la barbouille alléché.

Résultat des courses, au hasard : le Transversal

Les cubes de béton laisse béton sont au rendez-vous. C’est froid, vide, convenu donc, plutôt pas moche pour qui aime le genre ( J’en suis, je marche à TOUTES les conneries qu’on essaye de me fourguer : le client alors Bé-ton ! ) Le resto ? Tu te doutes qu’ici, les étiquettes qui l’indiquent son malcommodes 4X3 ou à la loupe, pas de mesure, en tous cas, ça ferait plouc.

Bon

Nous voici dans une salle sombre et, est-il besoin de le préciser, minimaliste. Ca tient de la regrettée cantine de Billancourt cher à Doisneau  ou du hall « performer » d’un Palace hype.

C’est selon. Curieux comme le pégriot et le cossu se retrouve quelquefois au gré de décorateur vicelard du mélange des mauvais genres.

Clientèle de moines soldats ( crânes rasés argentés, noir, c’est noir ) à la croisée lointaine de Rei Kawakubo et de « Men in black » et dames au pochoir mélangés avec du tout venant familial et de la secrétaire en petite meute venue en voisine des bureaux alentour. C’est plus gentillet que friqué, un peu pub middle class, voir en un mot, sympatoche, pourquoi pas ?

La carte joue la schizo

Côté dîner, des prétentions technico-boufatoires dont on redoute qu’elles fussent mises à exécution sans le talent et la rigueur d’un très grand cuisinier. En ce qui me concerne, je déjeunais.

A la carte deux plats plutôt amusants. On n’en saura pas plus : y’en avait pu. Pour excuser le chef, convenons que nous étions passés à table à 12 heure 20 et qu’à Vitry, on mange tôt.

Reste une liste ( une ligne ? ) « d’ingrédients » à composer suivant appétit et humeur. Rien d’émoustillant je te rassure. Quelques bouts de cochon ou de barbaque prétentieusement supposés d’exception alors qu’ils ne sont que de bonne qualité, des légumes, des céréales, même motif, même punition, du sucré, du salé dans leur plus simple appareil et à toi de jouer. Ici le cuistot à tout pigé au film : Tu te DEMERDES.

Tu composes donc dans l’esprit ou tu trouves en pillant ton frigo à l’occasion d’une retraite de discothèque au hasard de ce que tu dégottes, en moins rances, soit, mais en plus chers ( chaque ingrédient n’est facturé que quelques Euros, mais suivant la loi exponentielle qui veut que passer à table donne faim … )

Soyons honnête : Ca n’a aucun, mais AUCUN intérêt. 

Alors pourquoi nous beurrer le moule avec cette longue digression ?

Ben, parce que, justement.

Le « Joueur de flutte » à un coup dans le pupitre et le public en général et les mangeurs en particulier tendent à mon avis à devenir moins sots qu’ils ne le furent ( Et moi avec ) Au détriment quelquefois d’une lichette d’imagination et de créativité, il est vrai, but nobody is perfect. 

Reste de ces engouements stupides qui prennent à leur propre piège emblématique  un cuisinier ( Inaki Aizpitarte ) que l’on soupçonne plus adroit et attendrissant que ne le laissent supposés ces crétineries comestibles. A ce titre comme à celui du foutage de gueule ( Qui se souvient du resto de Nice dans un théâtre avec les cuisines SUR SCENE ! ), il faut se montrer polémique et intransigeant et envoyer balader ( je reste poli ) les « happening » et « expériences » qui pètent plus haut que leurs casseroles.

Allez, c’est pas tout ça. Je vais manger.

 

(1) Hors la mienne qui quand elle liera ces lignes par-dessus mon épaule ne manquera pas de se reconnaître comme l’exception confirmant devine quoi ?

19:58 Écrit par Ma | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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