02/05/2006

S'EMPIFFRER à St GERMAIN des PRES (1)

St Germain des Prés et des nappes ( 1)

S'empiffrer à St Germain des Prés

 

Le Rond-point

2, carrefour de la Croix rouge

Un express en vitesse

La grande épicerie du Bon  marché

22, rue de Sèvres

Comestimables hélas inestimable

La Maison du Chocolat

19, rue de Sèvres

Show cacao

Poilâne

8, rue du Cherche midi

Un pain dans la gueule

 

Pierre Hermé

72, rue Bonaparte

La messe d’Hermé

et les mémés d’Hermès

Café du métro

67, rue de Rennes

Un rade

Cosi

54, rue de Seine

Fait son beurre avec son pain et des sandwichs avec

Chez Bartolo

7, rue des Canettes

Un rital de la planète douce

Restaurant des beaux-arts

80, rue Mazarine

Bistroterie confondante mais cuisine plutôt fondante

Lipp

151, Bd St Germain

Conversation entre saucisses du même monde

 

Le Lutécia

Rue de rennes

Coup de bar d’hôtel

Le comptoir du relais

9, Carrefour de l’Odéon

Il faut bien en convenir, une de meilleures tables de Paris

La Palette

43, rue de Seine

L’apéro haut

 

 

 

 

 

            Coluche, un humoriste de la fin du XXème, remarquait que « La célébrité, c’est comme le parfum. Un peu, c’est bien, mais faut pas tomber dans le bocal » Pour le paraphraser, on dira que la nostalgie, c’est comme le parfum.

            Je n’ai pas connu le Saint Germain des prés de Vian, Jean Paul S. et la « Rose rouge », ni la construction de l’église « Saint Germain des prés », enculé, mais j’ai connu le germanopratin, c’est le blaze des indigènes,  de la rue Saint Benoît, du Bistingo, de Jean Bouquin encore chifftir de Bardot à l’époque, et bien sûr, l’éclosion de la pléthore de bouclards de fringues et de groles.

J’aime bien « magasiner » comme on dit puis à Montréal.

J’adore traîner les boutiques pour « habiller » les femmes ( homme à la rigueur, mais faut qu’il ait la grâce ) Je fais ça très bien et roder jusqu’à épuisement des partis en présence à la recherche de « LA » paire de pompes qui va le faire m’amuse. Evidemment, ça ravit les filles et sidère la nuée de vendeuses que tu croises au passage puisque  je n’ai par ailleurs pas l’air de la tarlouze de service.

Pour causer de choses moins légères que caloriques, donc Saint Germain des prés et des nappes de pique nique. Je m’en vais te narrer quelques points de chute tolérables voir euf-euf, en cas de crocs intempestifs si tu viens à patrouiller dans le secteur.

Bon, t’es le matin, t’as idée de café

Si tu veux te la jouer tokyoïte qui débarque, vas-y pour les indissociables « Flore » ou « Deux Magots » dont je te donnerai même pas l’adresse. Tu feras comme pour la Kaaba à la Mecque : tu demanderas à un pèlerin. Certains préfèrent celui-ci, d’autres, comme moi, le Flore. Désuet astiqué de charme, personnel presque aimable. Le croissant est fréquentable mais te précipite pas, y’a mieux pour se colmater, beaucoup mieux. Evidemment, Chonchon qu’un vieux fond de pégrillote du haut Jura pousse à une radinerie dorlotée te dirait : C’est pas cadeau ! « L’express » va chercher dans les 4 Euros pour situer, mais avec un peu de pot, t’auras une tronche connue qui sirote. Ca n’a pas de prix. L’été en terrasse, je dis pour les garçons à l’affût, c’est douillet et y’a de la meuf, même si je recommande plutôt l’heure du goûter pour ce genre de sport.

Personnellement à l’heure de l’ami Ricoré, c’est plutôt vers le minuscule « Rond point » que se porte mes pas et le bonhomme au-dessus. Me demande pas pourquoi, c’est une si vieille habitude que je ne sais plus exactement. Le rade est jusqu’aux prochains travaux dans un style « Frimouille des années 80 » si ça existe … Euh … Fausse loupe de bois, disons … Le moche a ceci de rassurant qu’il rassure. C’est bondé, fadé de gonzesses des paquets plein les bras comme Giorgio le fils maudit, et surtout le café y est excellent. Evidemment, aujourd’hui, c’est le cas presque partout, mais il y a 20 piges, tu n’imagines pas le nombre de rades ou on servait un jus qu’on hésiterait à te présenter aujourd’hui à Kansas city.

Bon, t’as bu ton caf’. Ca va mieux ?  On roule.

Tu cavales les rues et boutiques. Saint Germain n’est pas hanté par l’idée de manger

( Imagine les grenouilles essayant un fute ! ), mais tu peux te hasarder un instant à « La grande épicerie », pour l’épicerie du monde justement, qui offre un choix roboratif de machins d’une autre planète ( Du chocolat au poivre rose, à l’anis, des japoniaisieries rigolotes, des ritaleries savoureuses, etc. ) à prix « Régime » Entend par-là que quand t’as maté l’étiquette, t’as plus faim. (8 euros un pot de rien ! ) Des gens bien élevés et pas morts de faim essayent de s’y stimuler les papilles entre deux Spa ( Contraction de « Ce n’est pas à la portée des triglycérides de prolo, s’pas ?

      Passons devant « La maison du chocolat » ( il existe d’autres points de vente )  Une chiée gatelarière ( de « gatelard » c’est du gâteau )  et d’innombrables spécialités au devine quoi ? Eclairs, mille feuilles, macaron et rebelote ( noir, au lait etc. )  C’est très beau, très bon, très chic, assez cher, mais bon, pour 30/40 euros, tu peux te rendre malades toi et ta dame, à condition de priver les enfants mais faut quand même leur faire des coquillettes ou tu vas avoir des ennuis avec la madame de l’assistante sociale rapport aux allocs.

Rue de Cherche Midi, une boulangerie mythique. Ca existe. Le boulanger a en effet réussi la performance de se tuer en hélicoptère, ce qui à une autre tronche que de s’asphyxier avec une boulette de mie, pour situer. Sans chercher les blattes dans la farine, il était un peu d’extrême droite aussi, mais passons : L’hélico a coupé court aux mauvaises fréquentations. Si tu n’as jamais entendu parler de Poilâne, t’es Hittite ou du neuf trois. Avec son allure de tarlouze à rubans, pépère a réveillé il y a lurette le pain français. On vient ici pour les meules de son célèbre pain « Poilâne » que l’on trouvait à nombre de tables illustres naguère. C’est un peu passé de mode depuis que d’autres mitrons classieux se sont engouffrés dans le fournil. Chonchon adore néanmoins ses grosses meules ( Je parle du pain, là. T’as vraiment ça dans le sang, hein ! ? C’est pas possible ! ) de miche grise, à la célèbre acidité et cette croûte craquante admirablement brûlée et rustiquement farinée. Elle n’est pas la seule. Ari Onassis en raffolait aussi, dit-on.  Tu ne sais pas qui est Onassis ? Je m’en doutais : Tu n’es pas milliardaire. Dégage.

Ok. On est entre nous ? La visite continue.

Note, t’aurais tord de te casser juste avec ton bout de pain. La maison s’honore de gâteaux de boulange ( Et non de pâtisserie ) à ne pas mettre entre les mains de toutes les grosses. Tâte du chausson ou du « grillé » aux pommes et on recause.

Impossible de faire tes courses dans le coin sans draguer Pierre Hermé ( plusieurs points de vente aussi ) ou il te sera d’ailleurs impossible de rentrer si tu as choisi le mauvais jour ou la mauvaise heure. Quand il ne s’associe pas avec JL Delarue pour le pire, ce gros plein de talent révolutionne un peu la tranche de cake. Comme les barons du cartel, en voilà un qui a fait fortune en reniflant des lignes de sucre en poudre, mais aucun rapport avec Delarue, je vous en prie. On a tout dit de ses « Collections de gâteaux » deux fois l’an qui font éjaculer les Japonais dans leur kitchenette. La boutique est minuscule et traitée comme une joaillerie : laque noire, vitrines minuscules et pâtisserie hautement mise en scène. Passé l’extraordinaire invention de saveurs ( chocolat et grains de gros sel ), de couleurs ( l’Ispahan ) et de formes ( Le premier il a imaginé des gâteaux dans des verres, en forme de sucette et mille autres étourdissants bidules), je ne suis pas dingue, dingue de cet extrême raffinement. Très sucrés, limite « Ecoeurants » quelquefois, j’aurais tendance à préférer ici les viennoiseries impeccablement réalisées. J’ai horreur des pauvres, c’est entendu, mais j’aime leurs gâteaux : les gros machins bourratifs : Quatre quarts, financiers, moelleux, madeleines etc. Tu vois le genre ? Ceci explique cela. Envoie-moi aux pelotes et ne te prive surtout pas

 

 

 

18:51 Écrit par Ma | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

S'EMPIFFRER à SAINT GERMAIN des PRES

ST Germain des prés et des nappes ( Suite 2 )

S'empiffrer à Saint Germain des Prés

 

( Suite ) par ma faute d’un assortiment de gâteaux comme tu n’en as jamais mangé. Je vais t’épargner le couplet « Qualité/Prix », c’est toi qui vois ( 4/7 Euros pièce quand même. Ce ne sont pas des « Petits écoliers » non plus ) Ajoutons que certains gâteaux sont plutôt confortables et que le jeu consiste ensuite à les partager sans (trop) les ruiner avant usage ( ils sont fragiles ) pour goûter à tout.

Bon. T’as rempli ton caddie et te voilà à l’heure de la croque. Va te falloir tenir compte d’un paramètre régional : il y a plus de monde dans le secteur que sur le versant Est des Grandes Jorasses. Tu peux attendre ?

Non ? T’as trop faim ?

Bon. On va se démerder.

Tu traces et ne veux pas te ruiner, va au « Café du métro » dit un proverbe hottentot.

Je t’ai raconté le « Rond point » ? Même motif, même punition. 300 mètres à vol de scooter. C’est bof, oubliable, propre et sympa. Personnel à la défonce mais jovial : Des salades 400 calories montre en main, des Hot-dogs plus masculins, le plat du jour qui en vaut un autre, bondé, archi-bondé, pro, sympa. J’aime déjeuner dans ces rades sans problèmes. Note que t’en as 200 autres qui font l’affaire autour. Bon, moi, c’est celui-là.

            J’ai pas organisé le safari pour me taper des Kebabs kif qu’à Ponto Combo ! Un sandwich plus coquin, alors ? Une vieille adresse. C’est Cosi (Fan Tutti) qu’il te faut ( Le taulier est fondu de Mozart. C’était un  musicien, mais il est mort ) C’est minuscule avec un étage gentiment lugubre, mais ils font ( oui, ils FONT ) un pain à mourir dans lequel il enfourne des bonnes choses à leur idée ou à ton choix, dans le même esprit que Linas, si tu veux, mais bidouillé « Maison », plus bricolo en un mot. Quand je suis avec un pote on y va « En garçon » pour un casse-dalle de voyou et je nous ai vu quelquefois déchirer DEUX sandwichs, trop bon, mais c’est la limite avant la gerbe.

            Un rital fréquentable maintenant.

            Une enclume perdue dans la nuit des temps. « Chez Bartolo » qui se prétend encore vaguement « Pizza napolitaine » mais est devenu au fil du parmigianno autre chose. C’est un des rares endroits de Paris qui ressemble ( un peu ) non pas au « trattoria » archi galvaudées, lâche-moi avec ça, mais à ces restos italiens modestes, sans décor, ou des serveuses en tablier t’alignent des assiettes de pasta bon enfant au gré des appétits immémoriaux des familles. Nuance. C’est aussi attendrissant ici que là-bas, et les très anciens et souvent friqués habitués du quartier s’attablent ici sans chichi, entre gens polis. Le personnel, mais peut-on encore parler de « personnel » est jovial, actif mais pas débordé, très gentil, et tu sais que ça compte pour moi. La bouffe te donne l’impression d’avoir une grand-mère italienne, qu’est-ce que tu veux que je te bonisse de plus ? c’est très bon, quelquefois inégal mais du genre qui ne t’incite pas à la rancune. Des pâtes, bien sûr, des pizzas, quand même, quelques plats de viande et de poisson  qui ne se sentent pas obligés de te jouer « Retour du sud » à guichet fermé mais la cuisine reposante, sans baratin. C’est cool. Les prix hélas, en ont pris un coup dans les gressins depuis Berlusconi. 15 euros un plat ( nourrissant ) et si tu t’écartes, t’as vite fait de te retrouver à 60/80 à deux pour une graine de midi. Je sais, c’est un peu trop, mais que veux-tu, le plaisir à un prix, me disait encore récemment Shigula en rangeant ses instruments.

            Un rital pas fréquentable

            Le café Armani dans la boutique du même nom. C’est bien meilleur que l’on est censé s’y attendre. En conséquence, les portions bien plus petites qu’on aurait pu l’espérer. Le décor n’est pas naze. Disons que nous sommes chez Gorgio, le fils, mais alors,  pas du tout maudit de la mama. T’as dû entendre causé du zèbre jusqu’en Hittitie. La clientèle chicosse de petites gueules farinées comme j’aime pas, je te dis que ça. C’est « famous », very faymousse et chiant, very chiant, heu, là ...

            A côté « Lipp »

Là, si t’en as pas entendu parlé, c’est que t’es une carcasse de bœuf et que t’as pas été décongelé. Mon chonchon A-dore ! Elle est craque des brasseries. C’est son côté petzouille, d’ailleurs, elle a pas d’autres côtés. C’est pour ça que je l’aime. A la mode ? Plus à la mode ? Dire que Lipp s’en branle... Tout ce qui est existe est passé par Lipp. Les politiques, les stars, les vrais et fausses gloires, même toi ! … Tu t’en fous ? Pas moi. Au grand Canyon, tu payes pour regarder le canyon. Chez Lipp, tu payes pour regarder l’ambiance plutôt que les clients ( Ca, se serait démodé ) Naguère l’enfer était de monter à l’étage. Maintenant que tout barre en vrille, chacun fait ce qui lui plaît, plait plaît... les brasseries sont devenues hors de prix et c’est lamentable. Ca tue l’esprit même du lieu. Ici, ce sont hélas des prix de brasserie d’aujourd’hui pour heureusement une cuisine de brasserie de toujours. Les harengs, la choucroute, l’aile ou la cuisse de poulet avec des frites un peu sèches et du vin en carafe qui ne troue pas le cul mais la nappe non plus. A midi, en déjeunant d’un plat, d’un verre de pif, d’un café et d’une oreille ( Les conversations vrombissent toujours de films, de pièces, de motions de censure, d’affaire, de vantardises, de faux bruits … Sauf si tu es assez con pour ne pas prêter tes étiquettes ), tu t’en tireras pour 50 Euros à deux avec l’impression d’avoir raté quelque chose, mais il faudra revenir. Lipp s’apprend. Un esprit léger qui appartient à qui ne le cherche pas.

            Te v’la requinqué ? En piste.

            Un jour, mais pas celui-là, crétin : fais pas TOUT en même temps. Apprend à savourer. Un jour t’iras prendre le thé ou une bière si t’es hooligan dans le grand et magnifique salon « Art déco » ou au bar « fumoir » du « Lutécia » C’est un truc archi éculé ( j’ai dit « éculé » ça  suffit, maintenant ) Les palaces ( le Lutécia joue plutôt dans la catégorie « Grand Hôtel », moins folingue ) sont des refuges, des réserves pour un peu d’or massif et beaucoup de plaqués, vrais et faux happy fiou, qui rechignent à partager l’oxyde de carbone  avec le vulgaire. Les mœurs, le décorum, les cliquetis feutrés, le personnel et les prix y impressionnent le pauvre qui rechigne à y aventurer des « Nike » qu’il soupçonne à juste titre d’une autre gomme que celle habituée à s’y user aux moquettes trop épaisses. Il a peur, le petit bonhomme,  de ne pas avoir les codes, de s’empêtrer les semelles dans la complexité des salamalecs. En réalité, il se prive par convention d’un service confondant de gentillesse et d’un décor vraiment classieux. Bien sûr, la suite « royal » et même le resto restent hors de portée des comptes épargne « Ecureuil », mais au tarif scandaleux, je te l’accorde, d’une bière à 8 euros en revanche, tu peux, l’espace d’un moment, jouer au riche pour de rire et empoisonné pendant un bail tes collègues de chantier en racontant par le menu la façon dont « Tu devineras jamais qui » boit son café comme toi et moi, parole d’homme !

Et arrête de me raconter que t’en as rien à secouer : D’accord ?

            Il est quinze heure. On plante le crétin somnolant déjà plein à ras bord. Toi, mon préféré, t’as su te préserver l’appétit jusqu’à la dalle ultime et te voilà encore creux comme une analyse du « Nouvel Obs », je t’emmène pour une fête, une vraie. Rouleur de mauvais cholestérol comme tu me devines, je ne résiste pas au plaisir de t’indiquer que je suis des (trop) gros malins qui se régalaient il y a beau temps d’Yves Candeborde dans le XIVème. Le voila donc au « Comptoir du Relais », carrefour de l’Odéon, « The big shot » de la saison dont Paris bruisse bien au-delà des boustifailleurs frénétiques.

            On a dit TOUT du meilleur de ce mec-là, et sur ta vie, c’est vrai. C’est « Trop bon » pas cher, fondant. C’est la madeleine sans supplément de Proust. Tout ce que je puis y ajouter, c’est ma combine car j’en ai une que je m’en vais te livrer. Laisse, je passerai voir ta femme quand tu seras pas là.

            Avec quasiment un « papier » dithyrambique par semaine, dire que la taule est pris d’assaut aux heures des repas est un … ? « Euphémisme » Bravo, mon Toto ! Chuuuut … Ecoute …

            Tu te pointes en furtif vers 15, voir 16 heure ( Tu t’en fous tu feras l’impasse ce soir )  pendant que les gens responsables s’occupent à des conneries. Tu n’attends pas. T’as la salle presque à toi avec en prime quelques couples légers et des baffreurs au long cours du même frigo que les racailles comme nous. Le coup de feu est passé et le personnel comme le chef se lâche un peu. Bien sûr, des fois, il manque un plat du jour ou deux. N’importe.

            Ce jour-là, par exemple, il y avait un « lièvre à la royale » dont je me suis fait servir directos une assiette de compote noire, luisante de l’odeur du bonheur. Tu vois comment ça sent, le bonheur ? Ca sentait comme ça. Ca méritait un verre d’Hermitage cuivré de terre rouge avec du pain craquant et la conversation charmante d’un couple de jeunes anglais qui, God sait pourquoi, m’avait entreprit sur je ne sais quelle entourloupe de l’Albatros argenté ou d’un autre connard de sa corpo. Tu sais comment ça fait quand tu manges et que le temps s’arrête ? Ben, ça faisait pareil. Un quarteron de journalistes plutôt dégourdis déconnait en s’empiffrant pas loin et nous échangeâmes des civilités sur la prodigieuse assiette. Comme une envie d’être aimable, d’un coup, tu crois ? Candeborde soufflait à son comptoir. Je me suis gentiment achevé avec un baba en verrine un peu casse-plaisir, cette manie de me mettre la bouffe en bocal comme un fœtus malvenu, mais bon, j’étais trop bien. Une trentaine d’Euros, le tarif d’une pizzeria de fossoyeurs de marguerites pour une petite heure de chouette.

            Ca reste entre nous. Tu jures ? JURE

            Bon.

            L’apéro se prend chez Jean François quand on est civilisé et plutôt aux tiédeurs, lorsque Paris se dérouille les courbatures accumulées pendant un si long hiver. Nous voilà à la « Palette » avec sa grande terrasse envahie sitôt qu’on a fini de se les geler. Jean François connaît son monde. Nous sommes Saint Germain côté cour. Le touriste gracieux seul à droit de citer. Les galeristes s’y rincent entre eux quand le pigeon se fait rare.  Des studieuses tapotent leur e-machin et quelques-unes ont fini par tapoter le mien du temps ou il était en service public. A force d’y siroter à la fraîche, on finit quelquefois par ramper jusqu’à l’autre bout de la rue Jacques Callot, au Mazarin ou l’on peut se colmater décemment d’une cuisine bistrot/brasserie pas déshonorante et en terrasse presque de cambrousse, s’il vous plaît.

            Au fait, pense à te munir d’une cravate que tu pourras nouer si tu vois encore assez clair avant de te tirer de la Palette. C’est bien suffisant pour te taper une coupette et un assortiment de canapés si tu croises au hasard un vernissage dans une des innombrables galeries du secteur. Une tenue qui le fait et l’air d’un client éclairé est tout ce que l’on exigera de toi pour te désaltérer à l’œil ici.

            Si la force est encore avec toi, bravo, tu tiens ton litre. Tu peux pousser en confiance jusqu’au restaurant des beaux-arts. C’est confondant d’un « naturalisme bistrotier » con à pleurer, les nappes à carreaux rouge et blanc, la peinture deux tons, les « boiseries » etc. et évidemment envahi d’une clientèle qui espère encore y voir débarquer Sagan et Chazot en rupture de Castel, mais l’entrecôte y est plus qu’honorable et le lapin « chasseur » décourage l’alerte au piège à gogo. C’est pas cher et mimi tout plein.

            Voilà ; Dans un prochain épisode (3), je te raconterai les manières de venir Dîner à Saint Germain ( The Kitchen Galerie, Ma maison, Fogon, Yugaraz, Guy Savoy ) mais pour aujourd’hui, tu t’es assez empiffré comme ça, mon cochon

 Un suppositoire et au lit.

18:45 Écrit par Ma | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |